NOTE D’INTENTION

Je suis un petit garçon, entre les deux guerres, qui court, comme un fou, dans Paris, fuyant je ne sais quelle menace. Je me réveille et j’aime ce rêve, je m’y accroche. Alors il revient sans cesse.

Je regarde ma mère essuyant sa collection de couteaux de cuisine en chantant Mistinguett. Impressionnant.

J’écoute en boucle ce disque de Ray Ventura avec toute cette gaîté qui m’inquiète. Je m’entraîne aux claquettes. Je me réfugie au grenier, théâtre de fortune, cabaret silencieux, enfin épargné par la réalité.

C’est chargé de toutes ces images d’enfance que j’ai écrit cette comédie, fait vivre ce lieu, La Chatte Bleue.

Un cabaret, un espace clos aux lumières artificielles comme une camisole pailletée.

Le théâtre dans le théâtre, scène, coulisses, tout se mélange.

Et puis il y a Anthéa, cette femme arachnéenne, meneuse de revue et d’hommes, harnachée comme un oiseau de proie et de paradis, petite fille âgée abandonnée au cœur de l’artifice et de la flamboyance, guettant «  lui », l’autre comme un objet que l’on s’approprie et que l’on plie.

« On vient ! » De dehors, de la rue, il arrive comme un intrus, ce flic masqué avec son regard, ses questions, tout juste bon à chanter et se taire. Marcel, un chien dans un jeu de quilles. Celui que l’on n’attendait pas, la rencontre qui bouleverse les plans et le reste, celui qui vous cueille et se fait cueillir, qui se prend à son propre jeu, victime de sa couverture.

«  Et lui sur l’échelle ? » C’est Valentin Le Déjanté, le polymorphe, la face nord d’Anthéa, l’âme de la Chatte Bleue. Il ne parle pas, il chante. Il ne bouge pas, il danse. Il est dans l’air. Existe-t-il vraiment ?

Enfin, la musique, celle de Paris bientôt envahi. Cette musique faussement légère et doucement grave. Les chansons où les personnages se racontent et les duos où l’on ose tout.

La musique pour entendre ce qui n’est pas dit.

NOTE DE MISE EN SCENE

Pour décor une Tour Eiffel lumineuse, cachant une double échelle, dont le premier étage s’ouvre en deux portes battantes.

C’est un passage entre deux mondes, une porte donnant sur l’extérieur et l’intérieur, sur la scène et les coulisses, l’entrée des artistes, l’entrée dans l’arène. Le théâtre dans le théâtre.

La Tour Eiffel pour les lumières de la ville, comme un réverbère bijou.

Une échelle pour atteindre, rejoindre, se réfugier, dominer et épier.

C’est autour de cet élément unique que les acteurs feront exister les situations, leurs personnages et le cabaret de La Chatte Bleue comme un cinquième partenaire.

À jardin, se tient un piano à tout faire, orchestre, boîte à musique, appui de fortune.

Nous sommes dans l’antre d’Anthéa, la tanière de Valentin, les deux locataires d’un même cerveau.

Les années trente, Paris entre deux souffrances.

L’éclairage jouera tantôt avec les codes du music-hall (poursuite, cercles lumineux resserrés sur les artistes, échelle scintillante) tantôt avec ceux des films policiers en noir et blanc (clair obscur, ombres portées, lumière latérale).

 La mise en scène et la direction d’acteur tenteront de répondre à la question suivante :

Comment passer avec fluidité et pertinence d’un langage à l’autre, de la parole qui croit tout dire pour mieux nous tromper, à la musique où l’inconscient des personnages s’exprime et à la danse qui transforme l’espace, où les pulsions se libèrent ?

MUSIQUE

La Chatte Bleue rend hommage à la musique des années 30 et 40, celle de Paris, Berlin, Vienne et New-York.

Au delà des grands tubes comme « J’ai deux amours », « Qu’est ce qu’on attend pour être heureux », « Heure exquise », « Que reste-t-il de nos amours », ce spectacle fera revivre des titres plus inattendus comme « Je ne t’aime pas » de Kurt Weill, « I’ll build a stairway to paradise » de Gershwin et quelques compositions contemporaines de Nicolas Takov.

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